Infirmières, infirmiers, aides-soignant(e)s passent en moyenne 10 à 12 heures debout par garde, avec peu de pauses assises, des déplacements constants et des efforts physiques répétés : porter, soulever, pousser. Ce n'est pas un travail de bureau. C'est un travail qui s'exerce presque entièrement sur les jambes. Et les études sur cette population le montrent clairement : 58,5 % des professionnels de santé présentent des signes de maladie veineuse chronique, contre une prévalence bien inférieure dans la population générale.
Ce chiffre ne surprend pas les soignants qui finissent une garde. Il correspond à quelque chose de concret : les jambes gonflées en fin de nuit, la sensation de lourdeur qui s'installe dès 22h, les pieds qui brûlent dans les sabots. Ce n'est pas de la fatigue ordinaire. C'est le résultat d'une journée entière de pression hydrostatique sur le système veineux, sans interruption.
Ce que 12 heures de garde font aux membres inférieurs
Hypertension veineuse par station debout prolongée. En position verticale, le sang veineux doit remonter depuis les pieds jusqu'au cœur contre la gravité. La pompe musculaire du mollet assure ce retour à chaque pas. Mais sur 12 heures de garde, les périodes de déplacement alternent avec de longues séquences debout statique, de soins au lit, de procédures. Ces périodes statiques laissent la pression s'accumuler dans les veines des membres inférieurs sans relâche efficace. Sur la durée d'une garde, la pression hydrostatique veineuse dépasse largement ce que le système veineux peut gérer sans conséquence.
Charge physique et contractions asymétriques. Porter un patient, pousser un chariot, se pencher à répétition sur un lit : ces efforts produisent des contractions musculaires intenses mais brèves, qui forcent un afflux sanguin local sans permettre un drainage complet. Entre deux efforts, la vasodilatation liée à l'activité musculaire laisse les vaisseaux dilatés alors que la pompe de retour s'est arrêtée. Ce schéma, répété des dizaines de fois par garde, fatigue les parois veineuses et favorise l'accumulation de liquide dans les tissus.
Gardes de nuit et dérèglement du tonus vasculaire. Le système veineux a un rythme circadien : le tonus vasculaire et la perméabilité capillaire varient selon l'heure. Les gardes de nuit désynchronisent ce rythme. Le corps produit des hormones vasodilatatrices au moment où il devrait être au repos, ce qui aggrave la stase veineuse pendant les heures de travail nocturne et perturbe la récupération pendant le sommeil de jour qui suit.
Ce que dit la science sur les soignants et la compression
La maladie veineuse chez les professionnels de santé est l'un des sujets les mieux documentés en médecine du travail. Les études sont précises, les mécanismes identifiés, et les facteurs de risque connus.
Une méta-analyse de 2025 portant sur les professionnels de santé dans plusieurs pays établit une prévalence de 58,5 % de maladie veineuse chronique et de 25 % de varices dans cette population. Les facteurs de risque les plus fortement associés sont la station debout supérieure à 8 heures par jour, les gardes de nuit et un temps de travail hebdomadaire supérieur à 56 heures : soit le quotidien de la majorité des soignants en service hospitalier.
Zhang, Y. et al. (2025). Global prevalence and risk factors of varicose veins among health care workers: a systematic review and meta-analysis. BMC Nursing, 24, 385. → Voir l'étude
Xiang et al. (2022), dans une étude transversale sur 1 606 infirmières, montrent que la station debout prolongée multiplie par 2,2 le risque d'insuffisance veineuse chronique (OR 2,21, IC 95 % 1,20-4,10). Les gardes de nuit en rotation constituent un facteur de risque indépendant supplémentaire (OR 2,01, IC 95 % 1,29-3,14). Ces deux facteurs sont cumulatifs : un soignant qui fait des gardes de nuit et reste debout toute la garde cumule les deux risques simultanément.
Xiang, Y., Zhou, Q., Wu, Z., & Gou, J. (2022). Chronic venous insufficiency in a selected nurse population: a cross-sectional study. Annals of Clinical and Laboratory Science, 52(5), 770–776. → Voir l'étude
Kim et al. (2022), dans un essai croisé prospectif sur des travailleurs en station debout prolongée, montrent que la compression pneumatique intermittente réduit significativement mieux l'oedème et la douleur des jambes en fin de journée que les chaussettes de compression, sur les deux critères mesurés : circonférence de la cheville et douleur ressentie. Pour le soignant qui porte déjà des chaussettes de contention pendant la garde, la compression active après la garde agit là où la compression statique ne peut plus rien : elle mobilise activement le liquide accumulé au lieu de le contenir.
Kim, D.-S., Won, Y. H., & Ko, M.-H. (2022). Comparison of intermittent pneumatic compression device and compression stockings for workers with leg edema and pain after prolonged standing. BMC Musculoskeletal Disorders, 23(1), 1007. → Voir l'étude
Partsch (2012) précise que c'est la compression intermittente supérieure à 50 mmHg qui produit un véritable effet de massage sur le système veineux et réduit l'hypertension veineuse de façon mesurable. La compression statique améliore la vitesse du flux veineux mais ne produit pas cet effet actif. Pour un soignant dont les veines ont subi 12 heures de pression hydrostatique, la compression active est le seul mécanisme externe capable de relancer mécaniquement le retour veineux en fin de garde.
Partsch, H. (2012). Compression therapy: Clinical and experimental evidence. Annals of Vascular Diseases, 5(4), 416–422. → Voir l'étude
La régularité fait la différence
Une session après une garde soulage. Mais la contrainte veineuse des soignants est hebdomadaire, parfois plurihebdomadaire. Ce qui compte sur la durée, c'est l'effet cumulatif d'une récupération régulière entre les gardes.
Gregory et Mars (2007) ont démontré que des traitements de compression pneumatique répétés sur plusieurs jours consécutifs produisent significativement moins d'oedème musculaire qu'un traitement unique, avec une dilatation des capillaires musculaires qui se maintient jusqu'à 24 heures après chaque application. Pour qui enchaîne deux ou trois gardes par semaine, cet effet cumulatif change la dynamique de récupération : les jambes abordent chaque nouvelle garde dans un meilleur état circulatoire que si aucune session n'avait eu lieu la veille.
Gregory, M. A., & Mars, M. (2007). Compressed air massage: Repeated treatment causes less muscle oedema than a single treatment. SA Journal of Physiotherapy, 63(2), 16–19. → Voir l'étude
Le protocole après la garde
Les bottes [R]8 Signature s'intègrent dans les moments de transition de la journée du soignant, quand le corps a besoin de récupérer avant la prochaine garde.
la garde
le sommeil
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Ce que cet article retient, appliqué à [R]-FLOW
La maladie veineuse chronique touche 58,5 % des professionnels de santé. Ce n'est pas une donnée abstraite : c'est la conséquence directe de 12 heures de station debout, de gardes de nuit en rotation et de charges physiques répétées sur des veines qui n'ont pas le temps de récupérer entre les services.
La compression pneumatique intermittente agit après la garde là où la compression statique ne peut plus rien : elle mobilise activement le liquide accumulé, relance le retour veineux ralenti par des heures de pression hydrostatique, et prépare le système veineux à la prochaine garde. Le programme [R]ECOVER en 20 minutes après chaque service est le point d'entrée recommandé.
La régularité prime sur l'intensité. Une session après chaque garde produit un effet cumulatif sur le tonus veineux que le repos passif seul ne reproduit pas.
Sources scientifiques
- Zhang, Y. et al. (2025). Global prevalence and risk factors of varicose veins among health care workers: a systematic review and meta-analysis. BMC Nursing, 24, 385. doi →
- Xiang, Y., Zhou, Q., Wu, Z., & Gou, J. (2022). Chronic venous insufficiency in a selected nurse population: a cross-sectional study. Annals of Clinical and Laboratory Science, 52(5). doi →
- Kim, D.-S., Won, Y. H., & Ko, M.-H. (2022). Comparison of intermittent pneumatic compression device and compression stockings for workers with leg edema and pain after prolonged standing. BMC Musculoskeletal Disorders, 23(1). doi →
- Partsch, H. (2012). Compression therapy: Clinical and experimental evidence. Annals of Vascular Diseases, 5(4). doi →
- Gregory, M. A., & Mars, M. (2007). Compressed air massage: Repeated treatment causes less muscle oedema than a single treatment. SA Journal of Physiotherapy, 63(2). doi →
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